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5 M$ pour évaluer le potentiel de stockage géologique du CO₂ au Québec

30 octobre 2025

Mise à jour : 31 octobre 2025

Un projet de recherche mené par l’INRS pour démontrer la faisabilité du stockage du carbone dans les Basses-Terres du Saint-Laurent.

projet de recherche mené par l’INRS pour démontrer la faisabilité du stockage du carbone dans les Basses-Terres du Saint-Laurent.

Le gouvernement du Canada annonce un investissement de près de 5 millions de dollars dans des travaux préparatoires à un projet pilote de stockage géologique du CO₂ mené par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) au Québec. Ce projet, dirigé par le chercheur Bernard Giroux de l’INRS, vise à évaluer le potentiel de stockage du carbone dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, une étape cruciale vers la décarbonation de l’économie québécoise. Le projet est également soutenu financièrement par le gouvernement du Québec, grâce à une aide financière de 426 448 $ provenant de la mesure Innov-R, du Plan pour une économie verte 2030.

Professeur Bernard Giroux

« Il est essentiel de confirmer le potentiel de stockage du CO₂ à l’échelle locale et démontrer sa viabilité environnementale et économique pour permettre l’adoption et le déploiement de cette technique. L’INRS est fier de s’associer au gouvernement fédéral pour rendre cette analyse possible au Québec »

Bernard Giroux, titulaire de la Chaire en monitoring géophysique pour l’adaptation aux changements climatiques

Le projet repose sur la création de modèles numériques 3D de réservoirs souterrains, à partir de données sismiques, d’essais en puits et de simulations. Ces travaux permettront d’évaluer la capacité de stockage, la faisabilité technique et les risques environnementaux, tout en contribuant à l’élaboration de cadres réglementaires pour le Québec. 

Une expertise reconnue 

Le professeur Giroux est un expert en géophysique appliquée, avec plus de dix ans d’expérience dans le domaine du stockage géologique du CO₂. Il a participé à des projets de recherche d’envergure, notamment au projet norvégien aCQurate du programme CLIMIT et au site expérimental CaMI.FRS en Alberta. 

Des partenaires stratégiques 

Le projet est réalisé en collaboration avec : 

  • Deep Sky, qui sera notamment responsable du forage et de l’installation d’un puits pour les essais d’injection. 
  • Énergir financera le projet à hauteur de 640 000 $, une contribution s’inscrivant dans ses ambitions de diversification et de soutien au développement de la CUSC au Québec. 
  • Les Solutions Géostack inc, une société par actions inscrite au registre des entreprises autochtones, qui assurera l’acquisition des données sismiques et participera à la formation d’un doctorant. 

Vers un déploiement à grande échelle 

Ce projet constitue un tremplin vers le développement de projets de stockage à grande échelle. L’acquisition d’un site par Deep Sky pourrait mener à la construction d’une infrastructure permanente d’injection de CO₂, catalysant ainsi d’autres initiatives dans les Basses-Terres du Saint-Laurent. L’intérêt de l’industrie, notamment celui exprimé par l’Association canadienne du ciment, confirme la pertinence de cette initiative. 

Un projet structurant pour le Québec 

Les travaux permettront de : 

  • Déterminer la capacité effective de stockage et l’injectivité du site. 
  • Vérifier l’intégrité des puits existants. 
  • Définir l’état zéro pour le monitoring de l’injection. 

Ils contribueront également à renforcer l’expertise scientifique en géologie sédimentaire, un domaine affaibli depuis l’interdiction de l’exploration des hydrocarbures au Québec. 

Un appui gouvernemental fort 

Ce financement s’inscrit dans un investissement total de plus de 11 millions de dollars annoncé par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, l’honorable Tim Hodgson, lors du Forum annuel sur l’innovation énergétique, organisé conjointement avec l’Agence internationale de l’énergie, dans le cadre de la présidence canadienne du G7.